La crise du pic pétrolier : des alarmes retentissent

Publié le par makhnovitch

Un article de Tom Whipple est paru dans Falls church News Press le 17 mai 2007.
L’auteur semble paniquer en raison de ce qui est en train de se produire aux Etats-Unis…

La crise du pic pétrolier : des alarmes retentissent

Partout dans le monde, des alarmes commencent à retentir. Au-dessus de chaque station service, un large panneau annonce que les prix sont sur une pente ascendante impossible à arrêter et qu’ils grimpent vers des niveaux ingérables. A Paris, l’Agence Internationale de l’Energie a annoncé que la demande en pétrole devrait excéder l’approvisionnement dans le courant de l’année. A moins que, bien sûr, l’OPEP n’augmente sa production. Au Moyen-Orient, les porte-parole de l’OPEP ont répété à maintes reprises que tout allait bien, qu’il y avait abondance de pétrole et qu’il n’y avait aucune raison d’augmenter la production.

A Ottawa, une audition parlementaire sur la sécurité énergétique s’est terminée dans une grande agitation lorsqu’un professeur distingué a signalé qu’à moins que le Canada n’arrête de vendre 60% de sa production de pétrole aux USA, les canadiens finiraient bientôt par « geler dans l’obscurité». Au Nigéria, Chevron est en train d’évacuer des centaines de ses employés pour empêcher qu’ils ne soient enlevés comme otages lors une insurrection de plus en plus dure. Les chinois viennent à peine d’annoncer que leurs importations étaient 20% plus importantes qu’en avril 2006. En Irak, en Arabie Saoudite, au Venezuela – où que vous regardiez- il y a d’inévitables avertissements de problèmes à venir.

Cependant, ces problèmes sont pour plus tard. En ce moment même, en haut de l’agenda de chaque américain, devrait apparaître la question de savoir si nous allons passer l’été sans pénurie, ou bien nous retrouver dans des files d’attentes de voitures aux stations services  –  sur ce point, les opinions sont diverses.

Tout d’abord, tout le monde s’accorde pour dire que les prix de l’essence, qui ont atteint de nouveaux records la semaine dernière, vont continuer à monter. Même le directeur de l’Agence d’Information de l’Energie (EIA), dont le travail est pourtant d’enjoliver les choses, a affirmé au comité sénatorial en début de semaine que le prix au détail devrait continuer à monter, alors même que la saison des vacances approche, parce que la montée des prix de gros n’a pas encore été complètement répercuté dans les prix à la pompe. De plus, les prix déjà élevés, qui approchent les 4$ le gallon dans certains endroits de la côte ouest, semblent n’avoir eu que très peu d’effet sur la limitation de la demande. Cela ampute toute fois les vente de Wal-Mart.

Puisqu’au niveau actuel des prix, des coupes significatives de la consommation d’essence aux USA ne semblent pas d’actualité, alors nous devons revenir aux raffineries, aux importations d’essence et à nos stocks pour voir ce qu’il s’y passe.

Il y a deux ans, avant que les ouragans ne mettent tant de stress sur les raffineries états-uniennes, elles opéraient à 95% de leur capacité. Nous avons passé l’été dernier sans problème car nous avons importé 1,5 million de barils d’essence par jour, produits dans des raffineries étrangères au mois de mai dernier. Selon un analyste de l’EIA, la capacité des raffineries des USA est actuellement amputée de 800 000  barils par jour. On peut traduire cela par une perte de production d’essence de 400 000 barils par jour, soit presque trois million de barils par semaine.

La semaine dernière, la situation s’est un peu calmée. Bien que les raffineries US fonctionnent encore en dessous de 90% de leur capacité et utilisent seulement 30 000 barils par jour de plus de pétrole que la semaine dernière, nos raffineurs ont concentré la production sur l’essence. Ainsi, la production d’essence a augmenté de 200 000 barils jusqu’à 9,1 million par jour. La « bonne  nouvelle », cependant, a été que les importations d’essence sont montées à 1,5 million par jour, ce qui a provoqué la première augmentation significative dans nos stocks d’essence depuis de nombreuses semaines (1,7 million de barils). Cependant, 1,2 million sur les 1,7 million de barils d’augmentation se trouvaient sur la côte ouest qui demeure isolée du reste du pays. L’augmentation des stocks d’essence dans la région des Rocheuses fût de seulement 500000 barils la semaine dernière – c’est trop peu pour éviter des problèmes cet été.

La question réside alors  en ceci : est-ce que l’augmentation de l’approvisionnement, qui est basée sur des importations d’essence de l’étranger, peut être soutenue durant tout l’été ; et est-ce que les stocks sont déjà si bas qu’ils se seront pas suffisants pour faire face à la demande cet été ? L’année dernière, la demande en essence a augmenté de 9,1 million au printemps à 9,6 million de barils par jour au cours des mois d’été. A moins que des prix très élevés influent sur la baisse de la demande pour l’essence, nous devrions voir une consommation encore plus élevée cet été.

En début de semaine, Matthew Simmons, auteur de « Twilight in the Desert », a annoncé que si cet été les gens se déplaçaient en voiture sans être limités, cela deviendrait pire que ce que les porte-parole du gouvernement ont laissé entendre. Selon Simmons, les stocks d’essence au sein des raffineries font partie du travail de production et ne sont donc pas susceptibles d’être réduits. De même, les millions de barils d’essence qui se déplacent au travers du pays dans des pipelines et des barges ne sont pas disponibles pour les stations essence. Par conséquent, la chute des stocks de ce printemps s’est produite dans les terminaux locaux qui approvisionnent votre station essence. Dans ce cas, la chute des stocks « utiles » pourrait être de l’ordre de 30% et nous pourrions être très proche du point où des pénuries se développent.

Où tout ceci nous mène-t-il ? Pour faire court, la situation est de plus en plus sinistre. Quand des analystes respectés affirment que notre situation sur l’essence se trouve au-delà du point de bascule et qu’il est possible que certains d’entre nous aient des chances de se retrouver dans des files d’attente aux stations service avant le Jour du Travail (Labor Day), nous devrions écouter attentivement ces avertissements. Au niveau mondial, la situation est également sinistre. Quand l’Agence Internationale de l’Energie, habituellement assez réservée, commence à publier un flot d’avertissements affreux sur des pénuries ou sur des hausses considérables des prix avant la fin de l’année, nous devrions vraiment commencer à penser à un futur différent.

Tom Whipple


Publié dans News

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article