Le Royaume Uni face à la Déplétion

Publié le par makhnovitch


Le Royaume Uni est un cas d'école pour ceux qui s'intéressent à la raréfaction du pétrole et du gaz naturel aujourd'hui. Ce pays est celui qui a subi le plus fort déclin de sa production d'hydrocarbure ces dernières années. Sa production est passée de 3,1 millions de barils par jour de pétrole en 1999, année de son pic de production, à 1,6 millions de barils par jour en 2005, soit la moitié moins. Le déclin de la production a atteint 15% depuis l'année dernière. Le pays est passé du statut d'exportateur de pétrole à celui d'importateur en 2005.

Mais le problème de la pénurie se pose plus gravement pour le gaz naturel qui vient aussi de la Mer du Nord. Or, l'importation de gaz naturel est plus difficile car celui ci ne peut se transporter que par gazoduc ou par bateau methanier où le gaz est liquéfié. Mais les ports doivent être construits pour recevoir le gaz naturel liquide et cela prend du temps. Aussi, aujourd'hui, la grande nation du Royaume Uni fait face à un risque de pénurie de gaz naturel d'ici la fin de l'hiver, d'ici deux mois.

Ce risque de pénurie pourrait affecter les anglais sur le chauffage mais aussi sur la production d'électricité.

voici la dépêche AFP correspondante :

"mercredi 21 décembre 2005, 17h03 Le Royaume-Uni risque la pénurie de gaz naturel avant la fin de l'hiver LONDRES (AFP) - Le Royaume-Uni court le risque d'une pénurie de gaz naturel avant la fin de l'hiver, estiment les analystes, car en plus de stocks dégarnis et d'une production déclinante, les importations d'Europe continentale tournent au ralenti. Ces prévisions sont d'autant plus alarmantes que le Met Office, le centre météorologique britannique, table sur des températures plus basses que la normale cet hiver dans la plupart des régions d'Europe, Royaume-Uni inclus. Dans son rapport mensuel de décembre, la Société Générale (Paris: FR0000130809 - actualité) met en garde contre une saturation du réseau d'approvisionnement d'ici à deux mois. Si les températures restent dans les normales saisonnières et les importations au niveau actuel, prédit la banque, "il n'y aura pas suffisamment de gaz pour permettre aux stocks de se renflouer, et le gaz actuellement stocké ne fera pas tout l'hiver, donc le Royaume-Uni court le risque d'une pénurie de gaz à partir de fin février". Par conséquent, avertit la Société Générale, le prix du gaz restera élevé tout au long de l'hiver. Les craintes de pénurie avaient fait chuter les stocks et quadrupler le prix du gaz en l'espace de deux semaines en novembre au Royaume-Uni, avec un pic à 29 dollars par Btu (British thermal unit) le 22 novembre. Depuis, le prix est revenu autour de 12 dollars par Btu, la cherté du gaz ayant poussé certains consommateurs à se tourner vers d'autres sources d'énergie telles que le fioul domestique. Mais le prix reste plus de deux fois supérieur à celui de début novembre. Premier consommateur européen du combustible, le Royaume-Uni a produit 250,6 millions de mètres cube de gaz naturel en octobre, en hausse par rapport aux deux mois précédents, mais en baisse de 8% par rapport à octobre 2004, selon la Royal Bank of Scotland , qui table sur un déclin continu de l'offre britannique dans les années à venir. "Les prix élevés du gaz ont encouragé les investissements dans la production, mais le fait est que les champs de la mer du Nord vieillissent et vont fournir de moins en moins de gaz à l'avenir", explique Thorsten Fischer, économiste de la RBoS. Le pays dépendra donc de plus en plus des importations pour satisfaire sa demande intérieure, estimée à 255 millions de m3. Or il rencontre des difficultés sur ce plan, car malgré les prix élevés, ses infrastructures de transport sont loin de fonctionner à plein régime. Ainsi, l'Interconnector --gazoduc reliant Zeebrugge en Belgique à Balcon au Royaume-Uni, principale voie d'importation du pays--, n'a jamais transporté plus de 370 gigawatts heure par jour de gaz depuis le 8 novembre alors qu'il est conçu pour en acheminer 486 GWh. De même, les importations du terminal méthanier d’Isle of Grain, situé dans l’estuaire de la Tamise, tournent à moins de 90% de leurs capacités totales, qui sont de 135 GWh par jour. Cet illogisme a poussé le régulateur britannique de l'énergie, l'Ofgem, à demander fin novembre à la Commission européenne une enquête sur d'éventuelles distorsions du marché du gaz. Et le groupe pétrolier BP (London: BP.L - actualité) de s'étonner à son tour, assurant produire du gaz au maximum et rejetant la responsibilité des prix élevés sur le manque de cargos disponibles pour importer du gaz. Depuis 2004, le Royaume-Uni apparaît régulièrement comme un importateur net de gaz naturel. Ce combustible, plus propre que le pétrole et le charbon car à faibles émissions de CO2 ou autres dioxydes, est aujourd'hui la première source de génération d'électricité du pays. AFP

De plus, l'explosion du dépôt de carburant de Buncefield en Angleterre le 11 décembre 2005 stockait 16 millions de litres d'essence et alimentait en carburant le sud de l'Angleterre qui fait maintenant face à une pénurie qui pourrait se prolonger.

voici la dépêche :

"mardi 27 décembre 2005, 15h40 Pénurie d'essence dans le sud de l'Angleterre après l'incendie d'un dépôt de carburant LONDRES (AP) - Les automobilistes du sud de l'Angleterre sont confrontés à une pénurie d'essence après l'incendie qui a ravagé un dépôt de carburant du nord de Londres le 11 décembre. Exploité par Total SA et Texaco, le dépôt de Buncefield, près de Hemel Hempstead, stockait 16 millions de litres d'essence, de gazole et de kérosène. Cette pénurie fait suite à cet incendie alors que la consommation de carburant a augmenté pendant la période des vacances, a précisé Rod Prowse, un porte-parole de la Fédération des fournisseurs de pétrole. Le dépôt de "Buncefield était une source d'approvisionnement très, très importante pour le sud de l'Angleterre", a-t-il ajouté. "Je suis certain qu'il y aura des problèmes périodiques dans les mois qui viennent". Quarante-trois personnes ont été blessées lors de l'explosion et de l'incendie du dépôt. AP

Les anglais vont se trouver dans une situation de plus en plus critiques au fur et à mesure des mois et des années qui viennent car leur production d'hydrocarbures baisse très vite.

Makhnovitch.

Publié dans Pénurie

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