Le Geant Gazprom

Publié le par makhnovitch


Une analyse a été publiée par Roman Kupchinsky dans Radio Free Europe à Prague le 6 janvier 2006.
Qui est Roman Kupchinsky ?
Roman Kupchinsky est le précédent éditeur en chef du service ukrainien de Radio Liberty.
Il a été éduqué aux Etats-Unis et a reçu un BA degree en sciences politiques à l’Université de Long Island à New York. Après avoir fait son service militaire dans l’armée américaine, Kupchinsky devint directeur de Prolog et Publishing Corporation, une firme basée à New York spécialisée dans la publication de matériel de propagande interdite en URSS, les samizdats, ainsi qu’un journal mensuel, Suchasnist.
Après avoir rejoint l’équipe de Radio Liberty, Kupchinsky aida à remonter la station de Kiev et s’arrangea pour que les programmes de Radio Liberty soient diffusés sur un réseau FM à travers l’Ukraine. Il devint directeur du service ukrainien de la radio en 1991. En novembre 2001, Kupchinsky fût nommé éditeur de « Crime, Corruption and Terrorism Watch » , une publication hebdomadaire de RFE/RL (Radio Free Europe/ Radio Liberty). Vous noterez la date tout juste postérieure aux événements du 11 septembre.
Qu’est que Radio Liberty ?
Radio Liberty et Radio Free Europe sont des institutions qui ont plus de 50 ans et qui ont été monté par le Comité Américain pour la Libération du Bolshévisme en 1953. Ces radios servirent donc à combattre l’URSS. Ses liens avec la CIA furent coupés en 1971 et elles furent sous la houlette du Board of International Broadcasting (BIB) directement sous le contrôle du président américain à partir de 1976. C’est sur le site de la fondation Hoover, institution défendant les valeurs américaines, que ces informations ont été trouvés.

Roman Kupchinsky :
« Gazprom est la plus grande compagnie de gaz naturel au monde. C’est le joyau du business russe. Gazprom emploie 300 000 personnes et ses contributions fiscales comptent pour 25% du budget de l’Etat russe.

Gazprom possède la totalité de l’infrastructure de transport en gazoducs en Russie, comptant pour 144 000 kilomètres, le long des stations de compression. Non seulement la compagnie est le principale producteur de gaz en Russie, mais il contrôle aussi les seuls moyens d’approvisionnement au marché domestique et à l’exportation.

Par la loi russe, Gazprom est obligé d’autoriser d’autres entreprises à utiliser ses pipelines pour les besoins domestiques, mais pas pour les exportations à l’étranger. Cependant, elle peut refuser l’accès dans le cas où les pipelines sont utilisés à pleine capacité – la compagnie le fait souvent sans fournir d’explication.

Gazprom, parmi ses avoirs, possède sa propre banque, Gazprom Bank ; une compagnie d’assurance, Sogaz ; un holding médiatique, Gazprom Media ; et récemment elle a acheté l’équipe de football Zenit de Saint Petersbourg.

La compagnie a des relations étroites avec le Kremlin. Le président du conseil de direction est Dimitrii Medvedev, le précédent directeur de l’administration de Président russe Vladimir Poutine. Le Président de Gazprom est Aleksei Miller, un proche ami de Poutine de Saint Petersbourg.

Gazprom contrôle 25 de l’ensemble des réserves de gaz dans le monde et 94% du gaz naturel russe. C’est la seul compagnie en Russie autorisée légalement à vendre du gaz à l’extérieur des frontières de l’ancienne Union Soviétique—un facteur qui a largement contribué au récent conflit entre l’Ukraine et la Russie et a placé l’approvisionnement européen en gaz en danger.

L’histoire en bref

Gazprom trouve ses origines dans le Ministère Soviétique du Gaz, qui a été créé en 1965 quand l’URSS a d’abord décidé d’attacher une plus grande importance à la production de gaz et à sa consommation.

En 1989, le Ministère devint Gazprom et son premier Président fût Viktor Chernomyrdin, actuellement l’ambassadeur russe en Ukraine, qui avait été nommé par le responsable soviétique Mikhail Gorbatchev pour être le ministre du gaz.

En 1993, l’entreprise fût réorganisée dans la compagnie d’actionnaires RAO Gazprom, qui en 1998 fût renommé OAO Gazprom, le nom qu’elle porte toujours aujourd’hui. En 2005, l’Etat russe devint l’actionnaire majoritaire ( 51%) de Gazprom.

Les problèmes d’investissements et de production

En dépit de sa taille et de sa position dominante en Russie et le monde, Gazprom est vu par beaucoup comme un géant mal géré incapable de se réformer lui-même en une compagnie moderne se trouvant avec des problèmes substantiels cachés du public à l’intérieur de ses bureaux de verre et d’acier au siège de la société à Moscou.

Dans sa brève analyse de la Russie, le Ministère de l’Energie américain ( US Energy Information Administration ( EIA)) était pessimiste sur la position de Gazprom dans le marché : « l’industrie du gaz naturel russe n’a pas été aussi couronné de succès que son industrie du pétrole, avec la production et la consommation de gaz naturel restant relativement constante depuis l’indépendance. De plus, les prévisions de production de gaz naturel par Gazprom sont d’une croissance modeste jusqu’en 2008 (environ 1,3%). Le secteur du gaz naturel russe a été gêné premièrement à cause des gisements anciens, de la régulation de l’Etat, du contrôle monopolistique de Gazprom sur l’industrie, et d’insuffisants pipelines pour l’exportation. Trois gisements majeurs ( appelé « les Trois Grands », « The Big Three »), dans la Sibérie Occidentale – Urengoy, Yamburg et Medvezh’ye comprenant plus de 70% de la production totale de gaz naturel par Gazprom, mais ces gisements sont maintenant en déclin ; et le gouvernement et Gazprom projète chacun un déclin sévère de la production de gaz naturel russe entre 2008 et 2020. »

L’étude de l’EIA renvoie à une analyse russe de l’industrie du gaz faite en 2004, qui examinait les perspectives à long terme de Gazprom et sa capacité à approvisionner le marché intérieur ainsi que le marché européen avec assez de gaz pour satisfaire une demande qui monte en flèche.

L’étude trouva que pour satisfaire ses obligations jusqu’en 2020, Gazprom aurait besoin de commencer une sérieuse réorganisation et une expansion de son système de transport du gaz—les principaux pipelines et les stations de compression—ainsi que le développement de nouveaux gisements.

Selon l’étude russe de l’industrie, cela signifie :
(1) la construction de 26000 kilomètres de pipeline de 1420 millimètres de diamètre entre 2004 et 2020
(2) 137 nouvelles stations de compressions
(3) le développement de nouveaux gisements de gaz—les plus importants se trouvant à Yamal et sur le plateau de Ob-Taz, les deux étant situé en Sibérie occidentale. Suivant l’évolution présente, « The Big Three » principaux gisements en production produira seulement 23% des besoins de Gazprom en 2020.

L’étude russe estime que, pour la seule construction des nouveaux pipelines, 3 milliards de $ sont nécessaires.

L’étude passe en revue les secteurs où d’importants investissements sont nécessaires par l’industrie gazière entre 2001 et 2020 :
(1) l’exploration géologique : 25,5 à 33 milliards de $
(2) les coûts de production : 44,4 à 52,5 milliards de $
(3) les coûts de transformation : 21 à 22 milliards de $
(4) les transports (pipelines, etc ..) : 83 à 96 milliards de $

Cela signifie des investissements totalisant de 173 milliards de $ à 203 milliards de $.

Une étude récente par l’OCDE note que le développement des gisements dans la péninsule de Yamal et sur le plateau de Ob-Taz coûterais 25 milliards de dollars, avec le coût de l’infrastructure de l’ordre de 40 milliards de $.

De plus, le temps de 5 à 7 années entre le début des travaux et le début de la production suggère que aucun super gisement en dehors du gisement gazier de Zapolarnoye pourra être mis en service avant 2010.

La récente étude russe ajoute que Gazprom n’a pas l’argent pour effectuer tous ces investissements. Le premier janvier 2003, son déficit cumulé avait grossi à 21,2 milliards de $ avec en plus des dettes de l’ordre de 10 milliards. En 2005, la situation s’est empiré grandement avec l’achat de la compagnie Sibneft pour approximativement 10 milliards de dollars.

La récente libéralisation de la propriété des actions de Gazprom est faite dans l’intention d’accroître les fonds nécessaires à ces projets et pourrait en effet réussir à le faire—ou il ne pourrait pas, dépendant de la manière dont les investisseurs institutionnels réagiront au conflit récent entre l’Ukraine et la Russie et du prix des actions de Gazprom.

Gazprom a traditionnellement prétendu que la plupart de ses malheurs financiers était dû aux prix domestiques artificiellement bas du gaz. L’étude de l’OCDE montre que le prix moyen actuelle pour 1000 m3 de gaz pour un foyer russe était d’environ 15,9$, et à l’industrie à environ 24,20$. En comparaison, dans l’EU, les tarifs des foyers varient de 159$ en Finlande à 735$ au Danemark pour 1000m3.

L’étude de l’OCDE de 2004 réitère se critique faite par l’EU et d’autres : « La réforme cruciale et hautement monopolisé de l’industrie gazière russe a été systématiquement reportée, et il n’est prévu qu’une réforme substantielle soit entreprise dans un avenir prévisible. En dépit de son énorme importance, l’industrie du gaz naturel est peut-être le secteur important le moins réformé en Russie. »

D’autres critiques, tels que celle de Hermitage Capital Management basée à Moscou, se sont bornés à dire que Gazprom est l’une des compagnies les moins transparentes et les plus gaspilleuses en Russie.

En dépit de l’appréciation pas très rose de Gazprom par des experts industriels, le Ministre de l’Energies Russe Viktor Khristenko a été cité par Interfax le 5 janvier disant que « la Russie et Gazprom ont été des partenaires sérieux pour les consommateurs européens de tous temps. Gazprom a rempli ses responsabilités depuis l’ère soviétique. Par conséquent, les européens ne doivent pas avoir de doutes sue la réputation de Gazprom. »

Comment Gazprom a l’intention de remédier à ces pratiques gaspilleuses et peut-être corrompus n’est pas connu. Cependant, ce qui est sur est que le gouvernement russe n’a pas l’intention de libéraliser l’industrie gazière en Russie et autoriser la compétition.

Le monopole de Gazprom sur l’exportation du gaz a été réitéré par Khristenko le 5 novembre 2004, quand il annonçait que cela allait continuer au moins jusqu’en 2020. l’Europe sera obligé de commercer avec Gazprom, la seule compagnie gazière en Russie, si ils veulent acheter le gaz russe. »

Makhnovitch.



















Publié dans l'affaire du gaz russe

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Raf 03/02/2007 19:10

ATTENTION ALL INVESTORS: Russia is still in default on its pre-1917 debt to French investors, to the tune of 80 billion US$. Russia only paid 400 million US$ in 1999. No one can trust a country that defaults on its debt and subsequently unilaterally refuses any contact with its creditors. Ten years ago Russia claimed to be a poor country. Today it is apparent that Russia, a fully fledged member of the G8 (the world's club of the eight richest industralised nations) is a rich country whose natural resources bring in hundreds of billions of dollars in annual revenue. In the summer of 2006 Russia decided to pay its 23 billion US$ debt to the Paris Club of creditor nations ahead of time, and claimed to be debt-free. This is not true. Russia is still refusing to repay French investors. Therefore: RUSSIA IS STILL IN DEFAULT ON 80 BILLION US$ AND MUST NOT BE TRUSTED.. ============================================== A TOUS LES INVESTISSEURS: La Russie est encore en defaut de paiement sur 80 milliards de $US d'obligations souscrites avant 1917 par les epargnants Francais. La Russie n'a verse que 400 millions de $US en 1999. Il est impossible de faire confiance a un pays qui fait defaut sur sa dette et refuse par la suite unilateralement tout contact avec ses crediteurs. Il y a dix ans la Russie pretendait etre un pays pauvre. Il est aujourd'hui apparent que la Russie, un membre a part entiere du G8 (le club des huit nations industrialisees les plus riches du monde) est un pays riche dont les ressources naturelles lui rapportent des centaines de milliards de dollars annuels. A l'ete 2006 la Russie a decide de rembourser par anticipation les 23 milliards de US$ qu'elle devait au Club de Paris des nations creditrices, et a pretendu ne plus etre endettee. Ceci est faux. La Russie refuse toujours de rembourser les epargnants Francais. En consequence: LA RUSSIE EST TOUJOURS EN DEFAUT DE PAIEMENT SUR 80 MILLIARDS DE $US DE DETTE EXTERIEURE; LES INVESTISSEURS NE DOIVENT PAS LUI FAIRE CONFIANCE.