La remontée des prix du baril.

Publié le par makhnovitch

Aujourd'hui, le prix du pétrole à New York a atteint 64,95$.
On assiste à une remontée progressive des prix depuis fin décembre .

Est-ce une tendance lourde ou une montée passagère?

Il y avait aujourd'hui deux raisons invoquées à la montée des prix.
Les tensions croissantes liées à la reprise des activités nucléaires par l'Iran et notamment au renvoi du dossier vers le Conseil de Sécurité de l'ONU attisent la nervosité des investisseurs à cause des conséquences géopolitiques difficilement prévisibles.

L'explosion d'un oléoduc au Nigéria ainsi que l'attaque d'une plate-forme offshore par un groupe armé et l'enlévement de quatres étrangers employés par Shell a entrainé une baisse de production de 226000 barils par jour. Déjà, une explosion d'un oléoduc avait eu lieu le 21 décembre 2005. Il semble que la population nigérienne ne récolte pas les fruits des richesses du pays.

Mais regardons l'évolution des prix :



ON voit sur ce graphique de Oil Energy que les prix ont commencé à augmenter le 27 décembre et ont passé la barre de 60 $ le 29 décembre. Ils ont grimpés rapidement jusqu'à 63 $ le 3 janvier. Ce prix semble être pour l'instant devenu le nouveau plancher.

maintenant regardons l'évolution depuis le 15 novembre :


On voit sur ce graphique que les prix se trouvaient à 56 $  à la mi-novembre et se trouvent maintenant vers 64 $ , ce qui fait une montée de 8 $ en deux mois.
On remarque aussi que les prix s'étaient stabilisés vers 58 $  avant noel puis ils ont pris 6 $  en l'espace 10 jours.

maintenant élargissons encore notre champs de vision et regardons sur les 6 derniers mois :




On voit sur ce graphique la montée des prix pendant l'été passant de 57 $ à la mi-juillet et passant pour la première fois la barre des 60 $ au début du mois d'août  pour ne repasser en dessous que début novembre.

On observe la montée jusqu'à 70,85  $ aprè le passage de Katrina début septembre puis une descente progressive jusqu'à la mi-novembre.

Apparemment, la livraison de 2 millions de barils de produits raffinés et de brut aux USA puisés dans les réserves stratégiques des pays de l'OCDE avec un temps très doux cet automne dans l'hemisphère a permis de détendre la tension sur les prix jusqu'à la mi-novembre.

Ensuite, la fin de l'utilisation des réserves stratégiques, le refroidissement  de l'atmosphère,  une remontée de la consommation dans les pays de l'OCDE a mis un coup d'arrêt au processus de détente. celui-ci a été contenu jusqu'à la fin de l'année.

Au début de l'année 2006, le refroidissement des températures, les tensions entre la Russie et l'Ukraine, l'explosion du dépot de Buncefield en Angleterre, la chute de stocks de produits raffinées dans les pays de l'OCDE, la baisse des exportations irakiennes, les tensions avec l'Iran, l'instabilité au Nigéria ont provoqué une montée brutale des prix.

la question est maintenant de savoir si cette tendance va se poursuivre ou pas. la réponse se trouve peut-être dans le fait de savoir si la demande va réellement dépasser l'offre et entrainer un chute des stocks dans les pays de l'OCDE et évidemment si les tensions géopolitiques vont se poursuivre et en premier lieu les tensions autour de l'Iran.

Enfin, voici un graphique permettant de voir l'évolution des prix depuis un an :



Ce graphique montre l'évolution des prix pendant toute l'année 2005. Le mois de mai est intéressant . C'est ce mois là où l'on observe la fin de la baisse des prix entamé en mars. Or, il se trouve que c'est ce mois là où la production mondiale a été la plus forte pendant l'année 2005 alors même que ce mois là figure parmi les mois où la demande fût la plus basse. Ainsi, la production était largement supérieur à la demande et a permis  de renflouer les stocks des pays de l'OCDE.

c'est à partir du mois de juin que les choses se sont compliqués et notamment dans les pays de l'OCDE.
Selon les chiffres de l'Agence International de l'Energie, la production mondiale tombait de 84,71 mb/j à 84,1 mb/j entre mai et juin. La raison tenait à une chute de la production de pétrole conventionnel par l'OCDE passant de 16,37 à 15,72 mb/j. La production de liquide énergétique de l'OCDE passe de 21,11 à 20,42 mb/j entre mai et juin.
Les principaux fautifs étaient les USA perdant 0,2 mb/j et la Norvège perdant 0,4 mb/j entre les deux mois.

la situation ne s'arrange pas en juillet. la production de l'OCDE chute encore et passe de 20,42 à 20,04 mb/j perdant donc encore 0,4 mb/j. cette fois ci, c'est le Mexique qui perd 0,4 mb/j à cause d'un ouragan début juillet tandis que la production reprend en Norvège. Au niveau mondial, la production passe de 84,1 à 84,29 mb/j.

En août, la situation mondiale s'améliore un peu et la production passe à 84,59 mb/j en août gagnant 0,3 mb/j mais la production de l'OCDE gagne modestement la moitié passant 20,20 mb/j, mais presque 1 mb/j de moins qu'en mai!

Le mois de septembre sera évidemment catastrophique pour les USA et entraine la production de l'OCDE à 18,85 mb/j, 1,35 mb/j de moins qu'en août et 2,25 mb/j de moins qu'en mai! Il est à noter qu'aucun pays n'a augmenté sa production au sein de l'OCDE.
La production de l'OPEP a aussi chuté passant de 34,36 à 34,17 mb/j dont l'Iran et le Nigéria sont les principaux responsables.
Le reste du monde n'a pu augmenter sa production que de 0,18 mb/j passant de 28,18 à 28,30 mb/j, la Russie et le Brésil apportant la majorité de l'effort.

Ainsi, entre le mois de mai et le mois de septembre, les prix sont passés de 47 $ à 71$ !

La chute de la production de l'OCDE passant de 21,11 mb/j à 18,85 mb/j en l'espace de 5 mois ont provoqué une augmentation de 24 $ du prix du baril à New York !

c'est la libération de 2 mb/j des réserves stratégiques de l'OCDE et un temps clément  qui permettront de détendre les prix jusqu'en novembre.

la question est maintenant de savoir si la capacité mondiale suffira à contenter la demande cet hiver et il est clair que le moindre incident, la moindre tension géopolitique rendra les marchée de plus en plus sensibles, hyperreactifs.

2006 a démarré très fort mais comment va-t-elle finir?

Makhnovitch.




Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

vanessa 02/05/2006 01:44

ce texte est bien fait et comprehensible par tous il fait vraiment un bon résumé du cour du petrole
 
bravo!!!!

Mireille 19/01/2006 18:39

Etait-il nécessaire d'en écrire si long sur un sujet où tout le monde sait très bien que le pétrole il faut arrêter!
 
Que l'idéal serait de favoriser les petits chercheurs qui ont déjà découverts des énergies de substitutions!
 
Article trop long ne s'adressant qu'à un publique donné, mais à tout le monde! Regrettable....
Merci d'avoir enregistré mon IP!

Phylippe 13/01/2006 20:04

Beau travail.C'est ce genre d'analyse qui me manquait. Vraiment remarquable.

Makhnovitch 14/01/2006 09:21

Je suis content d'avoir comblé un manque. Makhnovitch