After "peak oil", the "peak gas" too

Publié le par SamSam Bakhtiari

Présentation de Mr Bakhtiari.

Mr Bakhtiari est né à Téhéran en 1946. Après avoir vécu en Suisse et passé un PhD comme ingénieur chimiste en 1971, il rentre à la Compagnie Pétrolière Nationale Iranienne. Il a travaillé dans les projets de recherche de la Compagnie Pétrolière Iranienne et dans la Compagnie Nationale de Pétrochimie où il a occupé et occupe encore aujourd’hui des positions importantes.

Il a aussi écrit deux livres sur l’histoire iranienne, “Peaks and Troughs” en 1996, et "
The Last of the Khans: The Life of Morteza Quli Khan Samsam Bakhtiari" tout juste sorti en mars 2006, et a donné des cours à l’Université de Téhéran.

Il a participé aux travaux de l’ASPO et a créé un modèle mathématique pour déterminer le pic pétrolier qu’il a appelé le WOCAP Model ( World Oil Production Capacity) . Ce modèle prévoit que le pic se produira en 2006-2007, c’est à dire très bientôt. Il fait partie des plus pessimistes parmi les analystes mais il faut bien avouer que ses prévisions se sont pour l’instant révélées exactes, malheureusement pour nous…

je vous invite à consulter ses textes sur son site web, http://www.sfu.ca/~asamsamb/.



After "peak oil", the "peak gas" too

"Le concept du "peak oil" a finalement trouvé sa voie dans les esprits réceptifs de l'opinion public éduqué. Pendant le weekend du 18-19 mars 2006, il surgit même sur les écrans de télévision mondiaux avec CNN avec la diffusion du documentaire "Nous serons prévenus : la futur crise pétrolière" (We Were Warned :Tomorrow's Oil Crisis").

Cependant, quelques analystes spécialisés dans l'énergie ont trouvé le moyen de déprecier le "peak oil" en avançant qu'en cas de pic pétrolier , le gaz naturel pourrait prendre le relais ---  en d'autres mots, le gaz pourrait en temps voulu satisfaire la demande dans la transition entre un monde basé sur le pétrole et un monde approvisionné pour l'éternité par le généreux hydrogène...

Le remplacement par le gaz naturel et l'utopie de l'hydrogène sont toutes deux des tromperies mises en avant pour essayer d'amortir le choc de l'inévitable "Peak Oil".  Non seulement un approvisionnement massif en hydrogène n'est pas envisageable avant des décennies,  mais  l'approvisionnement  en gaz naturel est aussi près d'atteindre son pic!!

Selon mes modèles de simulations, le "peak Oil" devrait se produire maintenant ( au cours de la période 2006-2007 <1>) et le "Peak Gas" suivra immédiatement en 2008 ou 2009 <2>.

Si les signes du "peak Oil" commencent à abonder ( alors que nous sommes entrés maintenant dans la première période de transition , "Transition One"), les premiers signes précurseurs du "Peak gas" commencent à apparaître. Sur les quatre derniers mois, j'ai noté quelques uns de ces signes dans les nouvelles journalières. Ici, je vais me focaliser sur trois signaux majeurs et sur leurs implications :

   
1 - Premièrement,  Etats Unis d'Amérique.
L' immodérée hausse des prix du gaz pendant le quatrième trimestre sur le marché américain
( avec le Henry Hub culminant à 15,4$/MMBtu le 13 décembre) était du "jamais vu" et présage de prix records dans le cas d' hivers prochains rigoureux.
Heureusement pour les familles américaines, cependant, l'hiver 2005-2006 était extrêmement doux. Aussi, les prix du gaz ont baissé et le 10 mars, il y avait encore 1832 milliards de pieds cube de gaz naturel disponible dans les stocks américains. Mais tous les hivers ne seront pas aussi favorable et les analystes comme "Raymond James" ont prédit correctement qu'en Amérique :
"le manque de derricks, de forts taux de déclin et une baisse d'efficacité étaient susceptibles de contraindre l'approvisionnement en gaz naturel pour les années qui viennent.<3>"

    2- Deuxièmement, l'énergie russe
Le jour de l'an 2006, la compagnie russe Gazprom déclencha un coup de tonnerre en coupant les exportations de gaz vers l'Ukraine. Ce n'était pas un seul coup, mais plutôt le premier d'une inévitable série de "exports corrections"  (le second fût la Géorgie). En résumé, la situation facheuse  présente de Gazprom est intenable. Avec une production en déclin dans ses principaux champs de gaz (et aucun champs géant en prévision), le monopole du gaz russe devra inévitablement limiter ses exportations alors qu'il ne pourra pas ( ou plutôt n'osera pas) couper l'approvisionnement intérieur (délivré à des prix extrêmement bas que beaucoup de consommateurs ne payent pas). Ainsi, Gazprom aura à faire monter les prix à l'exportation pour compenser le manque à gagner intérieur en espèrant ainsi limiter la demande extérieure.
Gazprom a deux principaux marché d'exportation : (a) les anciens pays de l'Union Soviétique et (b) l'Europe de l'Ouest. La compagnie a choisi de mettre la pression en premier sur les membres "Orange" de l'ancienne République Soviétique. Mais elle va devoir mettre la pression sur tous les membres de l'ancienne URSS  pour qu'ils payent le gaz plus cher avant de serrer les boulons de son "gagne-pain" :  ses clients  de l'Europe de l'Ouest. Ce n'est pas avec des nominations politiques qu'une "major" de gaz et de pétrole comme Gazprom peut  espérer rejoindre le rang des "supermajors", ou qu'elle peut encore espérer développer efficacement et dans les temps ses principaux champs de gaz dans la Sibérie Occidentale et le supergéant Shtockman <4>, ou poser tous les gigantesques pipelines requis pour relier la production aux marchés. De plus, le réseau de pipeline, s'étendant sur près de 150 000 kilomètres, se trouve actuellement en situation de danger permanent et journalier et va nécessiter dans le futur une maintenance toujours croissante entraînant une hausse vertigineuse des coûts.
Gazprom avec ses 330 000 salariés et ses douzaines d'intérêts en dehors du pétrole et du gaz (par exemple la chaine de télévision 'NTV' et le quotidien 'Isvetsia") est un cauchemar à gérer avec aucune difficulté facile à résoudre avec l'aide d'une bonne douzaine de managers professionnels (à la Khodorkovsky) pour remplir les attentes de l'Europe.

De plus, je pense que les réserves prouvées de gaz naturel russe de l'ordre de 1700 milliards de pied cubes (tcf) (et aussi des réserves globales estimées à 6500 tcf) sont largement surestimées. Je pense aussi que l'estimation généralement accepté de 1400-1500 tcf pour le plus important gisement gazier du monde North Field/South Pars est à peu près le double d'une estimation réaliste.

    3- troisièmement,  Grande-Bretagne

Le 13 mars 2006, le prix du gaz naturel à Bacton ( Angleterre) est monté en fléche au niveau invraisemblable de 255 "pences par therm" provoquant ainsi un nouveau record mondial --- que j'ai calculé pour être équivalent à 44,62$/MMBtu et un prix en énergie-équivalente de 259$/baril (plus haut que le prix maximum prédit par Mr Matthew Simmons dans sa dernière fourchette de prix de l'ordre de 200-250$/baril pour 2010 que je considère personnellement comme étant la meilleure prédiction  disponible de fourchette de prix dans le monde).
Les circonstances telles que le feu en février qui s'est déclaré dans les plus gros stocks de gaz d'Angleterre provoquant un arrêt de plus d'un mois et un refroidissement printanier inattendu ont certainement joué leur rôle et peser de tout leur poids ; mais, le 17 mars, le prix était encore à 150 pence par therm (26,25$/MMBtu). Et cela ressemblait pour moi comme étant les petits prémices d'une situation de déséquilibre entre la demande et l'offre dans les îles britanniques dans un avenir proche.
la Confédération de l'Industrie Britannique (CBI) avait toujours été sceptique sur l'adéquation de l'approvisionnement en gaz pour l'hiver 2005-2006, opinion
maintenant justifié  es dépit des réassurances du gouvernement que la Grande-Bretagne était "inondé de gaz" ( datant de novembre 2005 <5>). La CBI risque d'être le principal perdant dans ce jeu...
Et les planificateurs britanniques en énergie seraient bien avisés de ne pas trop compter sur l'approvisionnement provenant du "North European Gas Pipeline"--- le projet actuel favori de Gazprom!

En conclusion, ces petits signaux flottant dans le vent s'ajoutent ensemble pour dépeindre un image glacial du gaz mondial pour le futur proche. Le "Peak Gas" n'est pas si loin et il se montrera bien plus dévastateur et brutal que le "Peak Oil" parceque le gaz naturel est bien moins 'fluide' et 'fongible' que le pétrole brut--- et il requiert  des pipelines  spécifiques et des  installations LNG (gaz naturel liquide) (plus des transporteurs spécifiques) pour une éventuelle exportation.

A.M. SamSam Bakhtiari.

References

<1> A.M. Samsam Bakhtiari, 'World oil production capacity model suggests output peak by 2006-07', in 'Oil & Gas Journal', April 26, 2004, pp.18-20.
<2> I am indebted for much of my raw data on natural gas to the pioneering studies made by the great French expert Mr. Jean Laherrere.
<3]>Natural Gas Intelligence's Daily Gas Price Index, March 21, 2006.
<4> A.M. Samsam Bakhtiari, 'Russia's gas production, exports future hinges on dramatic changes needed at Gazprom', in 'Oil & Gas Journal', March 10, 2003, pp.20-31.
<5> Terry Macalister & David Gow, 'Fourfold gas price rise is forcing production cuts, industry warns', in 'The Guardian', March 15, 2006.


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