Le pic de mai 2005 : Etude des 19 grands producteurs

Publié le par makhnovitch

Nous allons ici rentrer dans le détail des 19 grands producteurs de pétrole brut.

Je rappelle, comme je l'ai dit dans l'article précédent, que leur production cumulée représente   72 % de la production tout liquide en mai 2005 et 82,5 % de la production de pétrole brut.

Voici la liste des 19 producteurs :
9 pays de l'OPEP : Arabie Saoudite, Iran, Irak, UAE, Koweit, Vénézuela, Lybie, Algérie, Nigéria
5 pays de l''OCDE : USA, UK, Norvége, Canada, Mexique
2 pays de la FSU ( Former Soviet Union) : Russie, autres FSU
3 pays dans le reste du monde :  Chine, Angola, Brésil

Parmi ces producteurs, seuls les USA et la Chine sont des importateurs. l'UK est en train de passer d'exportateur à importateur cette année. Tout les autres, les 16 autres pays, sont des exportateurs et on peut dire qu'ils représentent la quasi majorité de l' exportation pétrolière mondiale.

Ces 19 pays sont donc les principaux acteurs du marché mondiale du pétrole.

Les autres principaux acteurs se trouvent du côté des consommateurs et sont l'UE et les pays asiatiques tels que le Japon, la Corée, et d'autres pays d'Asie.

Nous allons un peu bouleverser la répartition précedente qui est basée sur des termes géopolitiques.
Nous allons la reprendre en terme de capacité de production sur l'année qui vient de s'écouler.

En fait, nous allons conserver le groupe FSU et reste du monde.

par contre, sur les 14 pays issus de l'OCDE et de l'OPEP, nous allons les répartir en trois nouveaux groupes :

le groupe des instables : Irak, Nigéria et Canada
le groupe de ceux qui semblent être arrivés à pleine capacité : Arabie saoudite, UAE, Koweit, Libye, Algérie
le groupe des déclinants :  USA, UK, Mexique, Norvège, Vénézuela, Iran

Pour résumer, nous répartissons ces 19 producteurs en 5 groupes :
- les croissants  : Brésil, Chine, Angola
- FSU
- les instables
- les pleines capacités
- les décroissants

Nous allons donc passer chaque groupe en revue :

Commençons par la FSU :



La Russie a connu une très forte croissance de sa production depuis l'an 2000, depuis que Mr Poutine est aux commandes du vaisseau russe. Cette croissance a fortement diminué depuis octobre 2004 mais celle ci continue tout de même et est maintenant appuyé par la croissance de la production en Azerbaidjan et au Kazakhstan.

Aussi, la production cumulée de la FSU est passée de 11,44 mb/j en mai 2005 à 12,03 en mai 2006. Elle a donc cru de 0,59 mb/j sur un an, ce qui représente une croissance de 5,15 % / an sur les 12 derniers mois. La croissance reste donc importante et cruciale.

la Russie est maintenant le premier producteur de pétrole et de gaz naturel.
C'est un acteur qui ne cesse de prendre du poids dans le jeu géopolitique énergétique.

Cependant, les perspectives futures de la Russie ne sont pas des plus florissantes et un déclin de sa production pétrolière mais aussi gazière l'attendent dans les années qui viennent.

Il se peut donc bien que la Russie se trouve en ce moment à une nouvelle apogée de sa production d'hydrocarbure après celle de 1987.

Il est clair que le déclin de la production russe risque d'être fatale à la production mondiale.

Regardons maintenant l'état de la production cumulée des 17 autres grands producteurs, c'est à dire la production des 19 producteurs sans la FSU :



Nous pouvons voir ici que le pic de mai 2005 est franchement affirmé. La FSU a été un bonne amortisseur de la chute de production du reste.

Aussi, la production cumulée des 17 autres pays se trouvait à 49,556 mb/j en mai 2005. Elle n'est plus que de 48,523 mb/j en mai 2006. cela représente un chute de 1,033 mb sur les 12 derniers mois, ce qui n'est pas négligeable. En pourcentage, c'est une chute de 2,08% en un an.

Je rappelle que ces 17 pays regroupent les principaux producteurs de l'OPEP, de l'OCDE et les trois grands producteurs dans le reste du monde à l'exception de la FSU.

Je trouve que le point d'inflexion de mai 2005 trouve sa meilleur expression à cette échelle d'observation, celle la production cumulée de ces 17 pays.

La production cumulée de ces 17 producteurs représentent 58,5 % de la production mondiale tout liquide et 67% de la production mondiale de pétrole brut.

Nous pouvons donc en conclure que :

La production cumulée de pétrole brut
des 17 principaux pays  producteurs
à l'exception de la FSU
a atteint un pic de production en mai 2005
et
a décliné au rythme de 2% sur les 12 mois suivants.

Ces 17 producteurs représentent
67% de la production de pétrole brut,
donc plus des deux-tiers.


C'est à mon sens l'information principale que l'on peut retenir de cet article et même de l'ensemble des articles sur le pic de mai 2005.

Nous avons vu dans l'article précédent que ce déclin des 2/3 de la production de pétrole brut a entrainé le déclin de l'ensemble de la production mondiale de pétrole brut mais à un faible rythme de 0,36%.
Par contre, la production tout liquide a pour l'instant réussi à se maintenir par l'exceptionnel croissance de gaz naturel liquide et de pétrole non-conventionnel.

Continuons de rentrer dans le détail de ces 17 producteurs.

et voyons directement la production de ceux qui sont à la source du déclin.
ce groupe des "décroissants", malgré eux, sont 6 : USA, UK, Norvège, mexique, Vénézuela et l'Iran.
il y a donc 4 pays de l'OCDE et 2 de l'OPEP.
Le plus surprenant est l'Iran.

Dans cet article, nous ne rentrerons pas dans le détail de ce groupe. Nous le ferons dans l'article suivant où nous aborderons ces 6 pays séparément.

Nous voyons ici juste la courbe de leur production cumulée :



Cette courbe est censée exprimer l'ampleur du déclin de ces six grands producteurs pétroliers.

Le point d'inflexion que nous observons sur cette courbe en mai 2005 est la source et la raison pour laquelle nous observons un pic général de la production de pétrole brut en mai 2005.

Alors que le déclin sur la période entre décembre 2003 et mai 2006 se trouve déjà au rythme élevé de 5%, il est passé à 7% sur les 12 derniers mois et encore quand on fait complétement abstraction du déclin causé par les ouragans.

On peut dire que ce déclin exprime le déclin de la capacité de production, c'est à dire de la capacité maximum de production sans les accidents de parcours causés par des événements climatiques, politique ou accidentels et donc pas essence temporaire. Ce déclin n'est pas temporaire mais définitif.

La production cumulée des ces six pays se trouvent en mai 2005 à 19,96 mb/j. cela représente 27% de la production mondiale de pétrole brut et 23,5% de la production tout liquide.

La conclusion est donc :

six grands producteurs de pétrole brut,
représentant plus du 1/4 de la production mondiale de pétrole brut accusent un déclin de 7% sur les 12 derniers mois.
Ils entrainent à eux seuls le déclin
de l'ensemble de la production mondiale de pétrole brut.


pour les resituer, en mai 2006, en termes de pétrole brut, les USA est le troisième producteur mondial , l'Iran est le quatrième, le Mexique le sixième, le Vénézuela le septième, la Norvège le neuvième et la Grande Bretagne se trouve maintenant plus loin.


 5 des pays qui se trouvent en déclin sont parmi les dix premiers producteurs de pétrole brut.

Nous allons maintenant  montrer  les trois autres groupes de producteurs mais en s'arrêtant moins :

le premier groupe concerne 5 pays de l'OPEP qui semble être arrivé à pleine capacité depuis mai 2005. Leur production est resté stable voir se trouve actuellement en déclin. Il n'ont donc eu que peu d'impact sur les événements de ces 12 derniers mois.


Le deuxième groupe concerne le groupe de ceux qui font partie du " reste du monde" :le Brésil, l'Angola et la Chine. Ce sont les seuls pays en dehors de l'OPEP, de l'OCDE et de la FSU à dépasser 1 mb/j.

Il se trouve qu'ils ont chacun connu une production en croissance ces derniers mois. cette croissance est principalement du aux développement de la production en zones offshore profondes, actuellement en plein développement grâce à l'amélioration technique et à la rentabilité nouvelle de ce type d'exploitation, cela étant dû à la hausse des prix.

voilà la courbe de leur production cumulée :



la Chine reste une interrogation et pourrait peut-être entrer en déclin bientôt. Elle rejoindrait le groupe des décroissants. La chine est quand même le cinquième producteur de pétrole brut.

En tout cas, la production cumulé de ce groupe est passé de 6,8 mb/j en mai 2005 à 7,1 mb/j en mai 2006, ce qui représente quand même une croissance de 4,4 %/an. Elle est pratiquement équivalente à celle de la FSU.

Enfin, dernier groupe, les instables comprenant l'Irak, le Nigéria et le Canada.

Les deux premiers sont instables pour des raisons politiques et le troisième se trouve avec une production erratique instable pour des raisons techniques.

voici leur courbe :



Nous voyons que la courbe se trouve sur le déclin mais la raison est que les problèmes en Irak et au Nigéria se sont aggravés tout au long de l''année. Les deux pays pays semblent ces derniers sur une pente remontante. Le Canada devrait se trouver sur une croissance forte au second semestre après des pointes l'hiver dernier.

Malgré, une courbe erratique, la différence entre mai 2005 et mai 2006 est quasi nul et donc cett catégorie n'a guère d'influence sur la production sur les 12 derniers mois.

Par contre, ces trois pays pourrait avoir une influence déterminante dans les mois et les années qui viennent. Il pourrait limiter voir reculer le déclin général mais pourrait aussi brutalement faire chuter la production ( Irak et Nigéria) pour des raisons politiques et militaires.

le troisième article sortira la semaine prochaine.

Makhnovitch.
 

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