mise à jour des graphiques-septembre 2006

Publié le par makhnovitch

J'avais publié deux graphiques la semaine dernière sur la production de pétrole brut et sur le point d'inflexion de novembre 2005.

Je vais ici publier les graphiques mis à jour que j'avais publié en juin 2006  pour montrer le pic de mai 2005.

je vais commencer par la production tout liquide. Il faut savoir que l'AIE a revu à la hausse ses estimations de production de NGL et de pétrole non-conventionnel pour l'OPEP depuis 2001 de l'ordre de 265 000 b/j pour 2005-2006, ce qui n'est pas négligeable. De plus, la production de biofuels en dehors du Brésil et des USA a été ajouté et se monte aujourd'hui à 150 000 b/j. La production mondiale tout liquide est donc monté de 400 000 b/j environ sur la période 2004-2006 par rapport aux estimations de juin 2006.


On peut voir que la production mondiale se trouve sur un plateau depuis mai 2005 autour de 85 mb/j. Il est à noter que j'ai laissé les deux derniers mois ( juin et juillet) qui sont des estimations à un et deux mois d'intervalles et qui seront soumis à révision plus tard.

Voyons maintenant la production de gaz naturel liquide et de pétrole non-conventionnel ( lourd, extra-lourd, biofuels, gains de raffinerie). C'est cette catégorie qui fait la différence entre les tout liquide et le pétrole brut.

On peut constater que la forme générale de la courbe n'est pas modifié par rapport à l'article de juin.
La production a fortement augmenté entre septembre 2005 et janvier 2006. Elle est passé de 10,7 mb/j à 11,7 mb/j. cela est dû à la croissance de la production NGL de l'OPEP mais aussi de la production non conventionnel de l'OCDE. C'est cette croissance brutale qui explique le fait que la production de pétrole brut soit en déclin de 1% par an alors que la production tout liquide ne le soit pas. On peut noter que la production NGL et non-conventionnel stagne depuis le mois de janvier 2006.

Voyons maintenant la catégorie des petits producteurs, c'est à dire ceux qui produisent moins de
1 mb/j.


On peut constater que la production des petits producteurs est  stable sur la période de décembre 2003 et juillet 2006. La production oscille entre 12,85 et 13,2 mb/j. On peut noter que la production décline entre novembre 2005 et mai 2006 comme entre octobre 2004 et avril 2005 et que le point le plus haut remonte quand même à novembre 2004! En tout cas, ce n'est pour l'instant pas les petits producteurs qui jouent le premier rôle dans le grand jeu du pic pétrolier.

Continuons avec les 19 autres grands producteurs.


la production des 19 grands producteurs de pétrole est passé de 60,996 mb/j à 60,362 mb/j.
Alors que l'estimation était 60,5 mb/j pour mai 2006 en juin 2006, elle n'est plus que de 60,362 mb/j maintenant. Cela implique un déclin de 1% entre mai 2005 et mai 2006.   La précédente estimation était de 0,7%/an. Nous avons donc un déclin de 1%/an pour le pétrole brut ainsi que pour les 19 grands producteurs.

comparons la production des 19 grands producteurs et celle des 18 producteurs quand on ne prend pas en compte la production des USA.


ON peut voir les deux courbes qui se recoupent exactement début 2005. Attention, elles ne se trouvent pas sur la même échelle. On retrouve la courbe précédente des 19 producteurs avec le déclin de 1% entre mai 2005 et mai 2006. Les 18 producteurs ont un point d'inflexion en novembre 2006. La production passe de 55,8 mb/j en novembre 2005 à 55,26 mb/j en mai 2006. Ceci correspond à un déclin de 0,54 mb/j en 6 mois et donc à un déclin de 1,08 mb/j en rythme annuel, ce qui correspond à un déclin de presque 2%/an. Le rythme est donc deux fois plus élevé sans les USA. On voit ici que  la remise en état des plates-formes pétrolières dans le Golfe du Mexique à agit  comme un amortisseur  de déclin général.  On a vu dans l'article sur le pic de novembre 2006 que le déclin de la production de pétrole brut sans les USA était de 2,5% en rythme annuel, c'est à dire plus haute que les grands producteurs sans les USA. La raison se trouve dans la courbe des petits producteurs car la production des petits producteurs a tout de même perdu presque  300 000 barils/jour entre novembre 2005 et mai 2006. On peut noter que la production en mars 2006 équivaut presque celle de novembre 2005. On a donc bien affaire à un point d'inflexion pour l'instant et non à un pic définitif.

Makhnovitch.

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