Article de Bloomberg 13/04/07

Publié le par makhnovitch

J'ai traduit un article de Bloomberg News sorti hier sur la situation actuelle du marché pétrolier.  On peut voir que la publication du rapport  mensuel de l'AIE jeudi et du rapport hebdomadaire sur les stocks de produits pétroliers aux USA mercredi ont provoqué un "certain stress" au sein de du marché.

Ainsi, les prix du pétrole brut de Brent à Londres s'approchaient des 70$ hier tandis qu'à New York, ils remontaient à 65$.

Il est clair que l'inquiétude monte sur l'avenir des stocks au sein de l'OCDE mais plus particulièrement sur les réserves d'essence aux USA à cause des difficultés apparemment croissante des raffineries états-unienne à assumer leur rôle.

Cette inquiétude montante va maintenant devenir permanente avec des hauts et des bas et je pense que nous sommes au début d'une nouvelle période de hausse des prix pétroliers qui pourraient s'étaler sur tout le reste de l'année 2007. Aussi, la période de relative stabilité des prix depuis août-septembre 2006 touche sûrement à sa fin. Il est toujours difficile de faire des pronostics sur les prix mais je ne serais pas étonné si ceux-ci atteignaient les $100 d'ici la fin de l'année.

Un autre élément inéressant de l'article est l'inquiétude des analystes sur l'apparente immunité des automobilistes face à la hausse des prix. Ainsi, un analyste dit que le monde s'est habitué à des prix élevés entrainant le fait que la demande continue toujours à monter. Ainsi, la demande en essence aux USA est 2,5% supérieur à l'année dernière alors même que les prix ne cessent de monter et ne se trouvent plus très loin de leur record de septembre 2005, période des ouragans du Golf du Mexique et de l'été 2006.

je pense personnellement que les prix sont certes montés mais sont encore relativement bas par rapport au pouvoir d'achat de la population. Il en faudrait bien plus pour que la demande courbe. Les prix pétroliers dans les pays  pauvres sont parfois supérieurs à ceux pratiqués en Europe, déjà trés élevés. Je crois donc que les prix pétroliers en occident sont en fait toujours très bas relativement au pouvoir d'achat.

De plus, le Nigéria est regardé avec attention car les élections commencent aujourd'hui même et le risque est que ce pays, fort de 140 millions d'habitants, sombre dans le chaos et la guerre.

Voici la traduction de cet article.

« Le pétrole brut se négocie autour de 64$ à New York à cause de la hausse de la demande en essence »
par Eduard Gismatullin et Trisha Huang
13 avril 2007 ( Bloomberg)

Le pétrole brut s'est négocié autour de $64 le baril à New York en raison des prévisions selon lesquelles la consommation d'essence aux USA va stimuler la demande pour le brut alors que les stocks de carburant déclinent. Les prix de l'essence sont montés à un plus haut depuis huit mois alors que des raffineries fermaient des unités, limitant l'approvisionnement avant la saison des vacances d'été. Le pétrole est aussi monté après que l'Agence Internationale de l'Energie ait annoncé que les stocks de pétrole brut ont chuté de 1 mb/j dans les pays industrialisés le dernier trimestre, la plus importante chute dans le premier trimestre depuis 1996. Le pétrole est monté du fait des « inquiétudes sur le manque d'approvisionnements en essence » aux USA, a dit Tony Machacek, un courtier de Bache Financial Ltd, à Londres. Il a rajouté que le prix du brut « s'est calmé ce matin », car les dernières hausses ne sont pas pleinement justifiées par le déclin de l'approvisionnement. Le pétrole pour livraison en mai est monté de 14 cents à $63,99 le baril dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange à 11h25 à Londres. Il s'est échangé au plus haut à $64,58. Les stocks d'essence aux USA ont décliné depuis 9 semaines, chutant de 4% en dessous de la moyenne des cinq dernières années, d'après les données du Département de l'Energie. Hier, ConocoPhilips annoncait qu'il avait fermé une unité de raffinage d'essence à sa raffinerie de Wilmington en Californie. « La demande en essence est en train de monter au moment où plusieurs raffineries majeurs aux USA tournent au ralenti, » disait Victor Shum, un des principaux responsables de la société de consultation industrielle Purvin & Gertz Inc. à Singapour. « Ce pourrait être le début d'une tendance à la hausse des prix pétroliers. » Le pétrole brut de Brent pour livraison en mai a gagné jusqu'à 87 cents, ou 1,3%, jusqu'à $69,59 dans les échanges électroniques du ICE Future exchange à Londres. Le contrat, qui expirait aujourd'hui, se négociait à $69,11 le baril à 11h24 à Londres. Les contrats pour juin plus activement négociés montèrent de 33 cents à $69,24 le baril. Les prévisions d'un hausse des prix pétroliers la semaine prochaine gagnent en crédibilité sur la spéculation que les stocks devraient continuer à décliner alors que l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole restraignent la production et que les raffineurs US vont augmenter leur volume d'activité. 15 des 31 analystes de Bloomberg News, ou 48%, ont prévu que les prix allaient monter. « Le marché est devenu sensiblement plus nerveux, » disait Dora Borbely, un économiste de DekaBank Deutsche Girozentrale à Frankfurt. « Les prix pétroliers montrent maintenant une tendance à de plus forts pics » et pourraient monter à $70 la semaine prochaine.

En US dollars, le prix du West Texas Intermediate à New York a chuté de 7% en 12 mois. Le pétrole est tombé de 17% en euros, 19% en livres et 7% en yen.

La moyenne des prix à la pompe de l'essence est monté de 27,4 cents à $2,819 le gallon hier, plus haut que le mois dernier, selon l'Association Américaine Automobile, le plus grand club automobile du pays. Le prix de l'essence pour livraison en mai est monté de 1,02 cents, ou 0,5%, à $2,202 le gallon à New York, proche du plus haut des huit derniers mois. « Les automobilistes paraissent s'être immunisés à des prix élevés du pétrole. » disait Shum de Purvin & Gertz. « Le monde s'est habitué à payer plus pour le pétrole. »

Le Nigéria
Les attaques des militants pendant les élections nigériennes sur les installations pétrolières du Nigéria, le plus grand producteur africain, a provoqué la rupture d'un quart de la production du pays. Des analystes et des traders prévoient une augmentation de la violence avec la série d'élections du pays ce mois ci. Le Nigéria va voter pour élire les gouverneurs d'Etat et les législateurs le 14 avril et un nouveau président et la cour suprême fédérale le 21 avril. Si les élections fonctionnent, cela marquera le premier passage d'un gouvernement civil à un autre depuis que le Nigéria a gagné son indépendance de la Grande Bretagne depuis 47 ans. « Nigéria va rester « the bull flag » pour les dix prochaines années » disait Olivier Jacob, directeur de Pétromatrix à Zug en Suisse, dans un rapport aujourd'hui. Le gouvernement du Nigéria va craquer avec des violences ou des fraudes durant les élections, disait le président Olusegun Obasanjo, selon l'agence de presse AFP. Au moins 100 personnes sont mortes dans des violences reliées aux élections depuis novembre, Obasanjo disait aujourd'hui à la radio et à télévision, rapporté par l'AFP.

Les coupures de l'OPEP

L'OPEP, la source de 41% de l'approvisionnement mondiale en pétrole brut, a coupé la production de 165 000 barils pour atteindre 30,1 million de barils par jour en mars, le plus bas depuis janvier 2005, disait l'AIE, représentant les 26 pays consommateurs de carburant, dans son dernier rapport mensuel. Cette baisse de production a aidé à faire chuter les stocks de brut et de produits pétroliers au sein de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique de 80,5 million de barils à la fin de février par rapport à janvier et de 49,6 millions de barils par rapport à février dernier, rapportait d'AIE.

Le taux d'utilisation des raffineries

Le taux d'utilisation des raffineries aux USA était de 88,4 % de leur capacité la semaine dernière, 1,3% de plus que la semaine d'avant, selon le Département de l'Energie. La production d'essence a baissé de 2,8% à 8,53 million de barils par jour, la seconde semaine de déclin. « Les raffineries sont déjà « en dessous de la courbe » en terme de taux d'utilisation comparé à leur moyenne historique, » rendant de plus en plus difficile d'accumuler des stocks d'essence, disait Edward Meir, un analyste des matières premières à Man Financial Inc. À New York, dans un rapport. « Les prix de l'essence pourraient monter encore plus haut avant qu'ils finissent par redescendre. » La demande en essence, qui pique entre les vacances du Memorial Day fin mai et le Labor Day début septembre, avoisinait en moyenne 9,4 million de barils par jour dans les quatres dernières semaines finissant le 6 avril, supérieur de 2,5% par rapport à la même période l'année dernière, disait le département de l'Energie le 11 avril. Les prix au détail aux USA pour l'essence ordinaire pourrait dépasser $3 le gallon cet été, disait le Département de l'Energie.

Makhnovitch.

Publié dans News

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