On y va...

Publié le par makhnovitch


Aujourd'hui, voici un article pour évoquer la situation présente à la mi-octobre 2007. Je travaille actuellement à préparer un dossier sur la conférence de l'ASPO pour le journal de la Décroissance à paraître à la fin du mois. Le reste du dossier sera mis en ligne sur ce site avec notamment des entretiens filmés... Mais je n'ai pas le temps de commenter l'actualité qui est pourtant chargé. Aussi, je vais faire un rapide aperçu de quelques événements.

Au moment même ou j'écris cet article, le baril vient de battre un nouveau record proche de 84$ à New York. Cette nouvelle poussée de fièvre est dûe à l'annonce
mercredi de la baisse inattendue des stocks de brut américains la semaine dernière. Le même jour, les highlights du rapport mensuel de l'AIE sont sorti annonçant que les stocks commerciaux de l'OCDE avaient baissé inhabituellement de 350 000 b/j au troisième trimestre. Les chiffres avancés dans ce rapport sont de +15 mb en juillet, puis -21 mb en août puis -27 mb en septembre. Ces chiffres feront l'objet de révision dans les prochains mois. Ce sont donc juste les premières estimations. Cependant, on peut d'or et déjà voir que les stocks viennent de commencer à entamer leur déclin comme je l'avais annoncé au printemps malgré le fait que la demande est moins importante que ce que prévoyait l'AIE à cause de l'impact de la crise financière américaine. Aussi, nous entrons bien dans une période d'instabilité. La réaction disproportionnée mercredi soir des marchés qui ont bondi de 2% d'un coup suite à l'annonce de la baisse de 1,2 mb des stocks américains de brut montre la sensibilité extrême des marché qui craignent que les stocks chutent à des valeurs dramatiques cet hiver à cause de l'incapacité de la production à fournir la demande. La toute nouvelle tension entre les turcs et les américains vient de faire bondir à nouveau le baril aujourd'hui.

Du côté de l'OPEP, la situation s'éclaircit. Ils avaient annoncé une hausse de 500 000 b/j d'ici novembre le 11 septembre mais la nouveauté était qu'ils se basaient sur les production réelles et non plus sur les quotas. Puis début octobre, les annonces d'augmentation en ligne sont supprimés à cause d'une plainte du Vénézuela. Du coup, il ne reste que l'objectif de 27,2 mb/j en novembre sans que l'on connaissent la répartition. l'OPEP est en train d'abandonner les quotas qui ne veulent plus dire grand chose et se trouve dans une situation confuse pouvant pousser les analystes à croire que l'OPEP produit finalement à pleine capacité... De plus, il semble que la production de l'OPEP10 ait augmenté de 150 000 barils en septembre, c'est à dire le tiers de la hausse prévu d'ici novembre. Aussi, ils augmenteront sûrement leur production encore deux fois de 150 000 b/j d'ici novembre. Aussi, la raison pour laquelle ils ont repoussé leur augmentation de production en novembre semble être dû au fait qu'ils ne peuvent pas aller plus vite. Or, la capacité supplémentaire de l'OPEP se définit par la capacité du pays à augmenter sa production en moins de 30 jours et à la soutenir au moins pendant 90 jours. Par conséquent, si il leur faut 60 jours pour augmenter leur production de 500 000 b/j, alors cela signifie qu'ils n'ont plus de capacité supplémentaire au sens technique du terme.

La crise des subprime et la fin de la présidence Bush approchante, des informations effrayantes circulent sur le net sur la volonté des USA d'attaquer l'Iran aidé cette fois par le nouveau toutou Sarkozy and Co. Cet acte reléverait de la folie pure, d'une sorte de suicide collectif. Nous basculerions dans un monde qui n'aurait plus rien à voir avec celui que nous connaissons. On pourrait s'attendre à toute sorte de développement comme un arrêt de l'approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient provoquant un chaos mondiale en quelques semaines.

Enfin, du côté des piquistes, de plus en plus d'analystes commencent se demander si le pic ne serait pas derrière nous. Une analyse sur oildrum a aussi été publié sur le pic cachée de décembre 2005, évoquant le fait que le pic serait certainement dépassé.

En fait, les mois qui viennent vont être déterminants. En effet, l'OPEP va tendre vers la pleine capacité et la production non-OPEP va tendre vers le maximum possible après la fin de période de maintenance.  Aussi, je pense que le record de juillet 2006 pour la production tout liquide a des chances d'être battus en décembre-janvier mais pas de beaucoup, peut-être dans la tranche des 86 mb/j. Si cela ne se produit pas d'ici le printemps, je pense que le pourcentage de chance que le pic soit derrière nous augmentera dramatiquement de l'ordre de 50% actuellement à 70-80% au printemps.

Les stocks continueront malgré çà à baisser peut-être doucement mais sûrement. Aussi, la pression pourrait augmenter graduellement sur les marchés. Toute coupure d'approvisionnements aurait des conséquences dramatiques sur les prix et les stocks.

Emmanuel Broto.


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M
PETROLE/Le pic a eu lieu, la production va décliner de 3% par an (EWG) Londres (AWP/AFX) - Le pic pétrolier a eu lieu en 2006 et la production mondiale d'or noir va désormais décliner à un rythme soutenu: le monde doit investir d'urgence dans les énergies renouvelables, a prévenu lundi le groupe scientifique Energy Watch Group, lors d'une conférence à Londres.http://www.romandie.com/ats/news2/200710221814030AWPCH.asphttp://www.romandie.com/ats/news2/200710221814030AWPCH.asp
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G
BonjourJ'aurais aimé savoir de quelle source vous tenez votre augmentation de 150 MBJ pour l'OPEP10 concernant Sept07.En s'en tenant au Monthly Oil Market Report de l'OPEP datant du 15 Octobre on nous dit que la production mondiale a augmentée de 1,13 MBJ de Juillet à Septembre 2007 avec une part de 35,9% pour l'OPEP soit une production OPEP passant d'environs 30,364 MBJ en Aout à 30,609 MBJ pour Septembre ce qui représente une augmentation de la production de 245 milles BJ.D'ailleurs on remarque que cette augmentation est réalisée en majeure partie par l'Irak avec 166,3 milles BJ, alors que la production saoudienne recule de 4,1 milles BJ.De plus, d'après ce rapport l'OPEP nous dit que la production mondiale atteint 85,30 MBJ...ce qui signifie si on s'en référe à ce graphique dépasse le pic de juillet 2006...non ?Hors L'EIA américaine indique une production de 85,417 MBJ pour ce meme mois de juillet 2006.Donc à moins d'une erreur de compréhension de ma part ( ou peut etre une non prise en compte de certaines catégories de liquides par l'un ou par l'autre)...les chiffres présentés par l'OPEP ne coincident jamais totalement avec ceux avancés par l'EIA américaine en ce qui concerne la production mondiale mensuelle.Une explication à cela ?Merci
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M
Je ne vous ai pas répondu sur ce commentaire.Je vais revenir sur la mise à jour des derniers rapports mensuels d'octobre. En effet, l'OPEP a notifié une production mondiale à 85,3 mb/j en septembre, ce qui constitue pour  l'OPEP un plus haut dépassant juillet 2006. Par contre, l'EIA donne 84,9 mb/j pour juillet et non 85,417. Pour l'OPEP, cette augmentation n'est pas vraiment justifié dans le rapport. je fournirais une analyse plus avancé sur ces rapports.
V
Il y a un élément que je ne comprends pas : le pic de production pétrolière a, semble-t-il, été atteint, et la production mondiale entame son déclin. Quels sont donc les facteurs expliquant que le prix du baril n'explose pas, dans la mesure où la tendance est à une hausse de la demande ? Actuellement, il se contente d'augmenter - à un prix soutenu, certes.
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M
La production mondiale de pétrole brut a atteint un pic en mai 2005 puis s’est maintenu sur un plateau jusqu’en juillet 2006 et décline depuis à environ 2%/an. La production de pétrole tout liquide décline aussi depuis son pic de juillet 2006. Il est cependant possible que ce pic soit à nouveau dépassé cet hiver ce qui prolongerait en fait le plateau depuis mi 2005. Les prix sont reliés à l’adéquation entre l’offre et la demande. Or, comme je l’ai montré dans l’article suivant « retour vers le futur proche », la demande a été inférieure à l’offre en moyenne entre 2003 et fin 2006. c’est à dire que la production stagnait depuis 2005 mais la demande était inférieure, ce qui faisait gonfler les stocks commerciaux de l’OCDE jusqu’en septembre 2006. La situation a changé l’hiver dernier quand les stocks se sont mis à baisser au rythme de 1mb/j. La production toujours sur le même plateau de 84-85 mb/j ne suffisait plus à satisfaire la demande. Le printemps et le début de l’été ont offert un répit mais maintenant, la demande a définitivement dépassé le plateau de 85 mb/j pour s’envoler vers les 90 mb/j d’ici la fin 2008-2009. C’est la raison pour laquelle les prix ne se sont pas envolés jusqu’à maintenant. Désormais, les prix vont devenir de plus en plus volatile en fonction de la perception des opérateurs de l’évolution de la demande, et notamment l’impact de la crise financière sur la demande mondiale, et de l’évolution future de la production, tout ceci avec comme marqueur l’évolution des stocks commerciaux notamment américains. Je crois que le marché fait tout ce qu’il peut pour éviter que les prix ne s’envolent car cela ne serait bénéfique pour personne chez les capitalistes mais la pression va persister vers le haut, bien que quelques glissades temporaires sont à prévoir surtout si la crise financière se généralise sur le globe…