Le Peak Oil entre dans le mainstream...

Publié le par makhnovitch

Ces derniers jours, des articles  sur le pic pétrolier sont sorti dans les grands quotidiens  anglo-saxons. Il semble donc que le pic pétrolier sorte de son cercle d'initié pour maintenant entrer dans l'arène du Grand Public à l'instar du changement climatique en son temps. Il n'est pas étonnant que ce soit maintenant au moment même ou les incertitudes grandissent sur l'adéquation entre les capacités de production mondiale et l'augmentation continue de la demande.

Le premier article est sorti sur le journal "The Independant" en Angleterre le 14 juin 2007.
Tout est très bien expliqué même les difficultés concernant les alternatives. Cet article est vraiment un must. Apparemment, des millions de personnes ont découvert le pic pétrolier ces derniers jours grâce à cet article. Ils reprennent les prévisions de l'ODAC et de Colin Campbell prévoyant que le pic tout liquide se produira dand les quatres années qui viennent.

Petite aparté :
Nous avons vu sur terredebrut que même cette prévision pourrait s'avérer optimiste. En fait, la probabilité que le pic pétrolier tout liquide soit derrière nous monte chaque mois qui passe. Les chiffres du mois de mai 2007 montre une chute de la production de 0,5 mb/j par rapport à avril pour l'AIE et 0,4 mb/j pour l'OPEP. Aussi, la production mondiale s'éloigne de son pic de juillet 2006. Cependant, on ne peut toujours affirmer avec certitude que ce pic ne sera plus jamais dépassé au jour d'aujourd'hui. Tout dépend en fait du comportement de l'OCDE et surtout de l'OPEP dont l'Arabie Saoudite est la clé. Si l'Arabie Saoudite ne possède réellement plus de capacité supplémentaire de production comme l''affirme les contributeurs de Oildrum, alors l'affaire est entendue. Il est vrai que les 12 mois qui viennent vont être cruciaux car la pression va aller en augmentant sur l'OPEP. Si celle-ci refuse toujours d'agir alors que les stocks de brut de l'OCDE se videront de plus en vite alors la panique risque de se propager très vite sur les marché financiers puis dans les chancelleries, puis dans les intitutions internationales, puis dans les ministères de la défense, puis dans les ménages...

Un autre article est sorti sur business week :
From Peak Oil To Dark Age?
Oil output has stalled, and it's not clear the capacity exists to raise production


cet article fait parti des articles les plus lus sur le site de business week.

un petit extrait en anglais : "
We will know soon enough whether the capacity to raise production really exists. If not, basic math and the clock tell the story. All alternatives—geothermal, solar, wind, etc.—produce only 3% of the energy supplied by oil. If oil demand rises by 2% while output remains flat, generation of alternative energy would have to expand 60% a year. That's more than twice the rate of wind power, the fastest-growing alternative energy. And all this incremental energy would somehow have to be delivered to transportation (which consumes most of the oil produced each year) just to stay even with the growth in demand."

Ensuite, un article est sorti sur un journal australien de Melbourne, Herald Sun. c'est apparemment le journal le plus lu en Australie justifiant 1,5 millions de lecteurs chaque jour de la semaine.

Oil crisis 'to hit in four years'

  • Report claim oil production to peak in four years
  • Peak could lead to global recession
  • Oil company says not to worry
Ils reprennent les éléments de The Independant citant les sources de l'ODAC et de Colin campbell. Mais ils rajoutent à la fin des propos d'un certain Professeur Kagi de Curtin University qui dit à juste titre que les compagnies pétrolières vandalisent les gisements en extrayant le pétrole le plus vite possible provoquant une chute du facteurr de recouvrement. Il est tout à fait étonnant de lire cet argument qui détruit le principal alibi de ceux qui tentent de mettre en echec l'évidence du pic pétrolier.

Je cite la fin de l'article :

"Curtin University’s Robert Kagi said that if oil companies were more careful in the way they extract oil, there would be more oil for consumers.
Professor Kagi said that many companies “vandalise” oil reserves by trying to pump it out too quickly to help profitability.
He said that the pressure of water being pumped into reserves to raise oil higher to the earth’s surface should be slowed.
“If you use a slower water drive, you get a greater recovery of oil,” Professor Kagi said."

En effet, les compagnies pétrolières et certains organismes comme le CERA (Cambridge Energy Research Associates) avancent justement que la technologie peut permettre d'augmenter le taux de recouvrement des gisements augmentant considérablement les réserves potentiellement exploitables. Je rappelle que le taux de recouvrement correspond au pourcentage de pétrole à l'intérieur d'un gisement donné que l'on est en mesure  d'extraire. Ainsi, les géologues estiment la quantité de pétrole en place dans le gisement et ensuite il est estimé la quantité de pétrole que l'on pourra extraire de ce gisement. Le taux de recouvrement correspond au quotient de ces deux chiffres. le taux de recouvrement se situe en moyenne à 29-30% seulement. Il est très variable suivant les gisements et la qualité du pétrole. Ainsi, les industriels et leurs soutiens avancent que l'on peut faire augmenter ce taux de recouvrement avec les technologies d'aujourd'hui qui consiste en gros à conserver des pressions importantes dans les gisements par injection d'eau ou de gaz tels que le CO2 ou le nitrogène pour que le pétrole remonte plus vite à la surface. Mais ce qu'ont démontré les scientifiques de l'ASPO et d'autres est que ces technologies provoquent en fait l'inverse. Dans la plupart des cas, le taux de recouvrement baisse suite à l'utilisation de ces technologies qui sont actuellement utilisé partout. Jean Laherrère a très bien démontré cela l'année dernière à la conférence des l'ASPO en Italie. Vous pouvez télécharger son papier passionnant sur le site de l'ASPO France. le document s'appelle "ASPO 5 Italy - Uncertainty on data forecast - 18 Juillet 2006 (3,7Mo)".

Ces technologies permettent juste de faire monter la production, qui n'est autre qu'un débit, pendant un certain temps puis la production se met ensuite à décliner beaucoup plus fortement que si il n'avait pas été utilisé ces techniques. Aussi, l'utilisation forcené des technologies par les compagnies pétrolières dans le but d'avoir des retours sur investissement les plus rapides possibles provoque le fait que les gisements sont abimés par la surexploitation et redonnent moins de pétrole au final et entraine une augmentation des taux de déclin une fois le pic dépassé. Voilà tout le sens de l'intervention du professeur Kagi.  Il est tout à fait surprenant que le plus grand quotidien australien relaie ce genre d'argument.


Makhnovitch.

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Etienne 16/06/2007 17:54

On dit merci qui ? ;-)

Jean-CHARLES gUYONNEAU 16/06/2007 17:31

Merci pour votre travail facilement verifiable , et hélas confirmé par les faits.